21.12.2006
de Sydney a Melbourne
Patrice ecrit :
Une derniere note pour ponctuer la fin de notre periple dans l'hemisphere sud...
1 000 kms separent Sydney de Melbourne. Nous avions 10 jours pour les parcourir ; tout notre temps, pensions-nous. Sauf que le temps nous a tres vite rattrape.
Nous avons commence, il est vrai, par faire un detour dans les "blues moutains" a 200 kms a l'ouest de Sydney. Il s'agit d'un magnifique plateau situe a 1 000 m d'altitude surplombant d'immenses forets d'eucalyptus. Le nom de ce massif vient justement de la lueur bleutee qui entoure ces paysages et qui est constituee par l'evaporation de l'huile contenue dans les eucalyptus. Il y avait, aussi, au moment de notre visiste beaucoup de noir... des feux ont ravage le secteur toute la periode ou nous etions a Sydney. C'est pour cette raison, d'ailleurs que nous avons du attendre pour y aller.
Malheureusement les "bush fires" qui n'ont rien a voir avec une certaine famille americaine peu recommandable mais aux effets presque aussi devastateurs :-( seront tres presents sur tout notre parcours. Le pays connait une secheresse sans precedent depuis un siecle, et nous ne sommes qu'au debut de l'ete... Les surfaces a proteger sont gigantesques et les acces a ces feux impossibles, aussi les pompiers ne peuvent souvent pas faire plus que proteger, quand ils le peuvent encore, les habitations et attendre que les feux s'eteignent d'eux-meme. Notre route a croise a intervalles reguliers des ecrans de fumee. Hier encore a Melbourne, une chappe de fumee couvrait la ville masquant le soleil et repandant partout une etrange odeur de charbon de bois.
Nous avons finalement decide de ne pas passer a Canberra. Une capitale trop administrative et surtout trop eloignee de la cote par les chaleurs que nous avions a affronter. Nous avons prefere profiter des plages immenses, toutes plus magnifiques les unes que les autres, et du spectacle des surfers en restant sur la cote.
Au 5eme jour de notre descente, nous n'etions qu'a 100 kms de Sydney alors nous avons du accelerer notre rythme.
Deux moment forts ont marques nos esprits sur ce parcours :
Le premier est lors d'une etape dans un ranch tenu par un couple de francais. Nous etions les seuls clients si on excepte les centaines de kangourous. Un bonheur pour nous, un fleau pour eux. Surtout pour le gestionnaire du golf de 18 trous a proximite... Mais quels spectacles fantastiques, ils nous ont offerts ! des bonds fantastiques, des "joeys" adorables, des combats de boxe epiques,... La piscine etait egalement immense et les enfants ont pu s'occuper des poneys du ranch et faire une ballade avec eux. Sara aussi a voulu en profiter pour faire une petite rando avec 2 autres personnes, malheureusement une cavaliere pourtant experimentee, s'est faite desarconnee pour des raisons inexpliquables et s'est cassee la clavicule en tombant lourdement. La ballade s'est ainsi termine avec l'arrivee des secours et une bonne frayeur pour Sara. Elle risque desormais d'hesiter a remonter sur un cheval...
Le second moment s'est situe dans une petite ile "Maurice Island" ou on nous avait dit que nous pourrions croiser des koalas. Nous n'y croyons pas vraiment, surtout quand nous avons vu cette ile habitee par des proprietaires laissant leurs chiens en liberte. Et pourtant, ils y avaient bien des koalas partout ! Un vrai regal de les voir ainsi evoluer dans leur environnement naturel au mileu des eucalyptus. L'un d'eux au sol, nous a meme laisse nous approcher a moins d'un metre ! Nous ignorions que les koalas males faisaient autant de bruit ! Ca ressemble parfois a des cris de cochons. Impressionnant !
Encore une fois, l'hospitalite australienne s'est illustree : un marin retraite avec qui nous avons fait connaissance en echangeant quelques mots nous a invite a prendre le the chez lui. Un homme au parcours etonnant. Une belle lecon de vie et de savoir-vivre ! Eva a recu en cadeau un hyppocampe seche en souvenir de notre rencontre. Un personnage memorable !
Notre voyage s'acheve... Nous decollerons le jour de Noel, et apres 2 jours d'escale a Singapour, nous serons de retour au pays. Une chose est sure et qu'il ne sera pas facile de raconter ce voyage, nos "Wacances" comme nous les appelons. En tout cas, c'est sur le plan familial que notre plaisir aura ete le plus grand et sur le plan humain que nous aurons le plus appris.
Un GRAND MERCI a tous ceux qui nous ont encourages et soutenus a travers les plus de 100 commentaires et autant de mels ou tout simplement en visitant ce blog. En moyenne, plus de 7 connections quotidiennes ont ete enregistrees.
On n'essaiera pas a chaud d'evaluer ce que ce voyage nous aura apporte. Nous savions en partant que nous reviendrons changes, c'est aujourd'hui, pour nous, une evidence.
A bientot.
11:25 Publié dans 6) Carnet de voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
07.12.2006
Dans la peau d'un écolier australien
Eva écrit :
Quelle journée magique ! Aujourd’hui, je suis allée dans une école australienne !
Quand je suis arrivée dans la cour, les filles de ma classe m’ont encerclée, et presque écrasée. Incroyable ! Ensuite, elles m’ont escortée tout le temps. C’était un accueil formidable.
Au début de la journée, la maîtresse a donné les consignes alors que nous étions assis par terre tout autour d’elle. C’est rigolo !
On a commencé par faire arts plastiques. Après la récré, il y a eu un cours sur les baleines, puis du français (la maîtresse a profité que j’étais là pour faire apprendre quelques mots à sa classe).
Ensuite, on a mangé. Il n’y a pas de cantine, dans les écoles australiennes : chacun amène son pique-nique.
Enfin, on a fait encore des arts plastiques, puis on a chanté.
Ce qui est différent, c’est qu’ ils apprennent à écrire en script (tout le monde a été étonné de me voir écrire en attaché). Ils ont aussi une bibliothèque à eux.
Good bye. See you soon.
Ce que Yanis pense de sa journée à l’école :
Qu’est-ce que tu as aimé ?
C’est un jeu qu’on a fait en classe : on lançait des balles avec des pelles.
Qu’est-ce que tu as moins aimé ?
J’ai moins aimé la troupe des garçons qui me suivait tout le temps.
Qu’est-ce qui est différent de l’école française ?
La différence, c’est qu’il y a un petit exercice, et après, c’est temps libre toute la journée.
Qu’est-ce qui est pareil que l’école française ?
Il n’y a rien de pareil.
Est-ce que tu comprenais quand on te parlait ?
Oui, souvent, mais pas tout le temps.
As-tu réussi à parler en anglais ?
Oui, mais que une fois.
Raconte comment s’est passé le cours de mathématiques.
Le cours de mathématiques ?!!
C’était que 10 ou 5 calculs, comme : 9 + 3 = ?, ou 5 – 3 = ?
On pioche un papier dans un bocal. Il y a un calcul dessus, et on doit le faire.
Sara écrit :
Quelle chance Eva et Yanis ont eu de partager une journée d’école avec des Australiens. Quel acceuil ils leur ont fait ! C’était même trop pour Yanis !
L’équipe enseignante s’est également montrée très disponible, et a adapté au mieux son programme : à la fois pour intégrer Yanis et Eva alors qu’ils ne maîtrisent pas l’anglais, et pour faire bénéficier leurs élèves d’une première approche de la France et du français.
L’école australienne fonctionne très différemment. D’abord, il y a classe tous les jours (pas de coupure le mercredi, mais pas d’école le samedi non plus). La journée est plus courte : elle commence à 9h10, et termine à 15h15. Il y a 2 récréations de 30 minutes dans le courant de la journée.
Je resterai prudente sur les techniques pédagogiques, car nous n’avons eu qu’un bref aperçu. Ce qui est sûr, c’est que le jeu joue un rôle essentiel. Les enfants sont rentrés en disant “on n’a fait que jouer”, mais nous savons pour avoir discuté avec les enseignants, et assisté au début de la journée, que le but était bien de leur faire apprendre.
A noter que Yanis a fait sensation avec son fichier de maths, qu’il avait apporté avec lui. Il semble que le progamme de l’équivalent du CE1 en Australie n’aille pas aussi loin. Les activités physiques, en revanche, y sont beaucoup plus présentes.
Yanis a également impressionné de part son écriture (ce qui est amusant quand on sait que c’est son point faible…) : ils considèrent que l’écriture en attaché est plus difficile, et ne l’abordent que bien plus tard dans la scolarité. Même Eva dans sa classe s’est fait remarquée sur ce sujet.
Enfin, mais cela saute aux yeux sur les photos : les Australiens portent un uniforme pour aller en classe.
Nous quittons Sydney demain. Nous avons fait tellement de choses dans cette ville enchanteresse, que nous n'avons rien eu le temps d'écrire. Mais la journée d'école était un moment spécial, que nous voulions tout de meme raconter.
A defeut de note sur Sydney, nous avons au moins ajouté un album photo...
Nous prenons le chemin de Melbourne, situé a 1000 km d'ici. Nous n'y arriverons que le 16 decembre. D'ici la, comme nous sommes itinérants, il y a peu de chance que nous ajoutions de nouvelles notes sur ce blog, mais nous pourrons toujours acceder a vos commentaires.
A bientot.
14:40 Publié dans 7) Le coin de Yanis et Eva | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.12.2006
Un monde “à l’envers”
Sara écrit :
Je n’ai jamais pris le temps de parler plus précisément de tout ce qui fonctionne à l’envers dans cette partie du monde, et pourtant, la liste est longue. La bonne nouvelle, quand même, c’est qu’on ne marche pas sur la tête !!! Et heureusement qu’on a les pieds sur terre !!! Voyez plutôt :
- 1/ D’abord, il y a le décalage horaire : 12 heures, en Nouvelle Zélande, depuis que vous êtes passés à l’heure d’hiver. C’est-à-dire que quand il fait jour en France, il fait nuit ici. Quand vous vous levez, nous nous couchons… Votre journée commence à peine, la nôtre est terminée…
- 2/ Ensuite, il y a la course du soleil, inversée par rapport à celle que nous connaissons.
Ce qui saute aux yeux tout de suite, et paticulièrement en ce moment, c’est l’inversion des saisons qui en résulte : nous sommes en été depuis le 1er décembre. C’est particulièrement difficile de se croire proche de Noël, quand il fait 30 degrés et que l’on revient de se baigner, malgré les décorations des grandes villes…
Ce qui est plus long encore à assimiler, c’est que l’orientation du soleil au cours de la journée aussi, est différente. Certes, le soleil se lève toujours à l’est, et se couche toujours à l’ouest. Mais sa position à midi est au nord, et non pas comme chez nous au sud. Donc les maisons ici, si les gens veulent qu’elles soient ensoleilllées, elles doivent être orientées nord.
C’est une chose à laquelle Patrice et moi avons beaucoup de mal à nous faire. Aujourd’hui encore, cela nous désoriente.
- 3/ La conduite à gauche et les voitures montées “à l’envers”:
Le volant est à droite : c’est donc la place du conducteur. Cela a été l’occasion de nombreux fous-rires : Patrice et moi nous trompant régulièrement, faisant demi-tour au même moment, et nous croisant en chemin pour intégrer la bonne place ; ou encore, lorsqu’il fallait nettoyer le pare-brise et que je m’appliquais principalement sur ce que je croyais être le côté conducteur, pour m’apercevoir de mon erreur à peine repartis…
Le levier de vitesse est quant à lui sur le côté gauche. Mais cela n’a pas grande incidence : les voitures sont automatiques (même les 4x4…). Dieu merci, les pédales ne sont pas inversées ! Pour ce qui est des clignotants, par contre, ça dépend des modèles : c’est un coup à droite, un coup à gauche… A peine a-t’on pris le plis sur une voiture, qu’il faut prendre l’habitude inverse sur la voiture suivante ! En attendant, que de fois avons-nous mis les essuies-glaces en marche !!!
Mais finalement, la conduite s’est mise en place assez naturellement. C’est plutôt en tant que piéton que nos réflexes sont les plus durs à revoir : pour traverser, il faut commencer par regarder à droite (ça non plus, ce n’est pas encore acquis, et c’est peut-être cela qui est le plus dangereux pour nous ici) ; quand il n’y a pas de trottoir, et qu’on doit marcher le long de la route, il faut être sur le côté droit ; quand on croise d’autres piétons on doit se pousser sur la gauche…
Ce n’est pas facile non plus d’être cycliste : on ne sent vraiment pas à sa place sur l’extrêmité gauche de la route. Et pourtant, c’est la bonne. Et puis les freins, sur le vélo sont montés “à l’envers” : à droite, on freine le pneu avant, à gauche, on freine le pneu arrière.
4/ Force de Coriolis
Tout le monde connaît l’expérience de l’évier qui se vide : l’eau forme un tourbillon qui tourne dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère nord. Dans l’ hémisphère sud, c’est l’inverse, avons-nous toujours vu dans nos manuels scolaires.
Et bien : c’est vrai !
Mes excuses à tous ceux que mes histoires de droite et de gauche auront donné le tourni ! Un avant goût de ce qui nous attend politiquement dans les prochains mois…
Je poursuivrais bien sur le thème du “pas comme chez nous”, mais la liste est trop longue, et les risques de carricature trop grands : je ne m’en sortirai jamais.
Disons au moins ceci :
- 1/ la cordialité des Australiens n’a d’égal que celle des Néo-Zélandais, et que l’Europe ne figure pas en bonne place dans ce domaine. C’est flagrant pour nous qui sommes ici, autant que ça l’est pour eux lorsqu’ils arrivent en Europe !
- 2/ Tous les espaces publics sont totalement non-fumeurs : pas le moindre restaurant ou bar n’échappe à la règle. Même les terrasses en plein air sont non-fumeurs. Encore mieux : on a vu une fois, dans un zoo, un petit carré balisé, un peu à l’écart, pour les fumeurs. On n’aurait même pas remarqué, si on n’avait pas été intrigués par le spectacle qu’offait les quelques personnes désoeuvrées juxtaposées dans ces quelques mètres carrés…
- 3/ Les piscines s’organisent différemment : tout le monde peut approcher des bassins, qu’il se baigne ou non. Il y a donc nombre de parents qui emmènent leurs enfants, et les surveillent simplement du bord. Comme cela fait partie d’un fonctionnement habituel, il y a des tarifs adaptés pour. Plus surprenant, ils peuvent garder leurs chaussures, emmener leur poussette… Il y a même sur place des zones de restauration ; on peut se balader entre les bassins une glace à la main…
C’est plus accessible aux familles, plus convivial, mais c’est aussi moins hygiénique, car il n’y a pas de sépètion stricte entre les zones sans chaussures, et les zones avec.
- 4/ Les aires de jeux : il y en a absoluement partout, et elles sont immenses. Elles ont souvent des zones de “plapouillage”, qui seraient interdites en France puisque sans maître nageur.
Et en plus, c’est gratuit !
- 5/ Les toilettes : il y a des toilettes à tous les coins de rue, propres (avec du papier !), et, là encore, gratuites.
- 6/ Les donations : on peut faire beaucoup de choses gratuitement ici. La plupart des lieux publiques offrent néanmoins la possibilité à ceux qui le veulent de faire une donation pour la maintenance ou l’amélioration des lieux. Les boîtes de donations fleurissent un peu partout. Même les grands musées fonctionnent sur ce système, indiquant parfois tout de même le montant de la donation souhaitée. On peut voir les pièces s’accumuler… J’ai beau faire, je n’arrive pas à imaginer cela en France.
Une variante est la “honesty box”, ou “boîte de l’honnêteté. On vous dit combien ça coûte, et on vous laisse déposer l’argent dans une boîte. Pas mal de campings rudimentaires fonctionnent de cette façon.
On voit aussi régulièrement des appels à donation : pour rénover un bâtiment ou en construire un autre, par exemple. Ce sont en général de grands panneaux en bord de route, avec une échelle représentant les dons déjà obtenus, et le montant à atteindre.
Dans le même ordre d’idée, nombre d’organismes ou d’associations offrent des équipements à la communauté : ici, le club de marche offre un banc public (et on peut lire une plaque : banc offert par…, pour…, ou en l’honneur de….) ; là, c’est l’association du 3ème âge qui a financé l’installation d’un barbecue en bord de plage, ou un jeu supplémentaire dans l’aire de jeux communale ( et re-plaque… il y a des plaques à tous les coins de rue… On se fair encore avoir : on va les lire !)
J’arrête là cette impossible énumération. Ces différences, ajoutées les unes aux autres, font le charme du voyage, et nous ouvrent l’esprit.
12:45 Publié dans 6) Carnet de voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

